La représentation du sol par l'image et par l'écrit dans l'Aurès préhistorique, antique et médiéval

Envoyer Imprimer

La représentation du sol par l'image et par l'écrit dans l'Aurès préhistorique, antique et médiéval

Appel à contributions
Date limite : 30/06/2018

 

La représentation du sol est immémoriale et multiforme : il s'agit, pour le présent colloque, de s'intéresser à toutes ces représentations, aussi bien écrites que figurées, dans les périodes préhistorique, antique et médiévale, essentiellement dans l'Aurès, mais aussi dans les régions attenantes de l'Afrique du Nord. Il sera aussi question des travaux cartographiques des premiers archéologues-explorateurs, puis des travaux de cartographie moderne qui bénéficient de tous les acquis de ce proche passé et produisent des fonds cartes enrichis par des images spatiales et aériennes de différentes natures tout en permettant l'accès des bases données informatisées très renseignées. Ainsi, le colloque sera découpé en quatre grands thèmes pour lesquels les communications devront établir des avancées ou faire des synthèses. Ces dernières seront plutôt réservées à des communications invitées.

1) Les représentations anciennes à caractère cartographique
Les représentations anciennes du sol peuvent se ranger en deux grandes catégories : les documents et les réalisations sur le terrain. En termes de documents écrits, on s'intéressera aux textes des géographes de l'Antiquité et des géographes médiévaux, aux itinéraires anciens, aux bornages, aux inscriptions renseignant sur l'occupation du sol,… S'agissant de documents sous forme d'image on s'intéressera, par exemple, à des mosaïques renseignant sur l'occupation du sol ou représentant un paysage réel ou imaginaire. Il existe aussi des documents de type intermédiaire où l'image et l'écrit se mêlent tel que la table de Peutinger. En termes de réalisations sur le terrain, une centuriation romaine remplit cet objectif.

2) L'historiographie de la cartographie
La carte constitue vraisemblablement le premier outil d'enregistrement utilisé par l'archéologie française. Cette technique d'usage courant chez les militaires fut progressivement mise au service des archéologues pendant les campagnes d'Egypte (1798-1801), de Morée (1828-1833), puis surtout en Algérie pendant les travaux de la Commission de l'exploration Scientifique d'Algérie (1839-1851) placée sous le commandement du colonel d'état-major Bory de Saint-Vincent. La géographie historique se développa sur cette base. En France, la Commission de Topographie des Gaules créée par Napoléon III en 1858 en fit sa spécialité. Mais c'est en Afrique du nord que ce type de recherche connut sa plus grande ampleur dans la deuxième moitié du XIXe et au début du XXe siècle avec les travaux de l'ambassadeur C. Tissot, auteur d'une Géographie comparée de la Province romaine d'Afrique publiée en deux volumes en 1884 et 1888 par S. Reinach après la mort du diplomate, puis avec les travaux des brigades topographiques qui réunirent la matière abondante des Atlas Archéologiques d'Algérie et de Tunisie. Le gouvernement général colonial de l'Algérie confia à S. Gsell le soin d'organiser l'AAA paru en sept fascicules de 1902 à 1911. La Commission du nord de l'Afrique au ministère de l'Instruction Publique chargea J. Babelon, R. Cagnat et S. Reinach de rédiger les notices de la première série d'après les notes et relevés des militaires ; R. Cagnat et A. Merlin effectuèrent ce travail pour la plus récente..
Grâce à la cartographie et à la topographie, l'archéologie nationale a opéré sa mutation d'une pratique érudite à une discipline scientifique au XIXe siècle avec l'Afrique du nord comme laboratoire.

3) La cartographie moderne
La cartographie moderne utilise les moyens informatiques que sont les Systèmes d'Information Géographique (SIG). Ils connectent la représentation graphique de la zone cartographiée avec une base de données élémentaires ou beaucoup plus élaborée qui peut être partagée avec plusieurs utilisateurs et être collaborative. C'est un moyen de partage de l'information entre spécialistes et un moyen de communication vis-à-vis du public, grâce à Internet.
C'est aussi un moyen technique sophistiqué permettant de travailler sur différents systèmes de coordonnées géographiques anciens et modernes avec la possibilité de faire des conversions. Les fonds de cartes peuvent être des cartes dessinées géoréférencées dans le SIG, des images aériennes ou spatiales ou encore des fonds de cartes topographiques. Ces derniers ont l'avantage d'être très dépouillés leur donnant une excellente lisibilité car la topographie est essentielle pour, par exemple, l'établissement d'un site préhistorique, l'implantation d'une cité, le passage d'une piste ou encore la construction d'une voie.
Les couches représentant les entités du passé, rentrées dans le SIG par le cartographe, sont souvent des couches dites « vectorielles » appartenant à une des 3 grandes catégories suivantes : point, ligne ou polygone. Ce sont à elles que les affichages écrits sur la carte sont liés. Mais surtout, ce sont les points d'entrée vers la base de données qui devra être très bien structurée pour retrouver efficacement l'information souhaitée et pour faire des requêtes avancées questionnant la base de données.

4) Les moyens de télédétection
Les technologies d'aujourd'hui apportent des moyens qui tentent d'aller plus loin que la prospection archéologique à vue au sol. Ils font appel à différentes techniques utilisées à différentes altitudes, c'est-à-dire au niveau du sol, aéroportées et spatiales. Les principes physiques mis en œuvre pour les prospections au sol sont nombreux, nous ne pouvons tous les citer ici. Lorsque l'on s'élève du sol on aura, le plus souvent, affaire à des moyens radiofréquence ou optique dans le visible et l'infrarouge.
Les SIG et leurs capacités de traitement informatique des différents produits de télédétection grâce à l'utilisation de bibliothèques de fonctions spécialisées à cette fin ouvrent ainsi de nombreuses possibilités d'investigations.

 

Lieu de la manifestation : Université Paris-Nanterre
Organisation : C. Guittard, E. Wolff, C. Landes, L. Lapierre, S. Lefebvre
Contact : chaguittard[at]gmail.com

 

Inscription à la lettre d'informations



Recevoir du HTML ?

Identification