VIe congrès de la SEMEN-L

Lundi, 07 Octobre 2019 08:06 Lucie Claire
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VIe congrès de la SEMEN-L (Société d'Études Médio- et Néo-Latines), Dijon, 10-13 juin 2020

Latin et grec au Moyen Âge et à la Renaissance

Appel à contributions
Date limite : 15.01.2020

 

Le congrès portera d'abord sur la situation spécifique du grec au Moyen Age et à la Renaissance et sur ce que Jacqueline Cerquiglini-Toulet appelle « l'imaginaire » de cette langue : quelle force symbolique véhiculent l'apprentissage et la connaissance du grec et de son alphabet étrange ? Qu'en est-il de cette langue par rapport aux deux autres « langues sacrées » définies par Isidore de Séville dans ses Etymologies, IX (le latin et l'hébreu) ? Quelles sont ses qualités propres et pourquoi l'étudie-t-on ? Comment les études grecques se sont-elles constituées ? Quelles résistances ont-elles rencontrées ? Dans La Bataille du grec à la Renaissance, Jean-Christophe Saladin a évoqué « la violence des résistances » que lui opposèrent les scholastiques et a montré comment le statut de la langue grecque a été lié à celui de l'hébreu, avant que les textes grecs ne soient clairement mis à l'index, mais bien des choses et des hommes restent à évoquer sur le sujet. On se demandera aussi comment la langue grecque participe spécifiquement de la translatio studii et imperii. On pourra par exemple, comme l'a fait le regretté Philip Ford pour Homère (De Troie à Ithaque), étudier la diffusion de telle ou telle œuvre grecque à l'échelle européenne, en identifiant et analysant, entre le Moyen Age et la Renaissance, les différentes éditions, les commentaires, les traductions vernaculaires, ou encore latines.


Car ce congrès souhaite aussi, et surtout, analyser les rapports que la langue latine et la langue grecque entretiennent entre elles. Comment se situent-elles l'une par rapport à l'autre ? Quelles sont la valeur et les qualités respectives de l'une et de l'autre ? Si l'idéal de l'homo trilinguis (latin-grec-hébreu) reste bien souvent un rêve, un humaniste digne de ce nom peut-il connaître le latin sans connaître le grec ? Quelle langue est plus réputée attirer les mécènes ? Quelle image l'helléniste notoire offre-t-il de lui-même ? Comment s'effectue l'enseignement de l'une et l'autre langue ? Existe-t-il un enseignement conjoint ?

Une attention toute particulière sera donc apportée aux œuvres qui sont au croisement des deux langues : il peut s'agir d'œuvres en poésie ou en prose qui mêlent en leur sein latin et grec (c'est souvent le cas des recueils épigrammatiques, par exemple), mais aussi de la traduction latine des œuvres grecques (par exemple les traductions d'Euripide par Érasme), des œuvres qui recensent les « trésors » de la langue et de la littérature grecque (tels les Adages d'Érasme) ou encore des commentaires latins d'œuvres grecques. Cette liste, bien sûr, n'est pas exhaustive.

 

Lieu de la manifestation : Université de Bourgogne
Organisation : Sylvie Laigneau-Fontaine et Estelle Oudot
Contact : sylvie.laigneau-fontaine[at]sfr.fr et oudot.estelle[at]orange.fr