Les Grammatici Latini en ligne

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Le Laboratoire d'Histoire des Théories Linguistiques de Paris VII héberge depuis peu la version électronique du Corpus Grammaticorum Latinorum édité au XIXe siècle par H. Keil : il regroupe  l'ensemble des manuels de grammaire latine écrits entre le IIIe et le VIIIe siècles.

Le site est l'aboutissement d'un projet international de longue haleine et met à la disposition de la communauté scientifique un outil de travail remarquable. Le Corpus est disponible dans une version intégrale, avec fonctions de recherche dans la base et appendice bibliographique (en cours d'élaboration).

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Le corpus des textes attribués de manière conventionnelle aux Grammatici Latini est constitué par l’ensemble des manuels de grammaire latine écrits entre le IIIᵉ et le VIIIᵉ siècle apr. J.-C. et édités par Heinrich Keil à Leipzig entre 1855 et 1880. Ce corpus présente de nombreux centres d’intérêt :
1. Il permet la reconstitution de l’histoire des idées linguistiques en Occident, en rassemblant les sources principales. Toute la tradition postérieure, à partir du Moyen Âge, s’est appuyée sur ces textes (notamment les artes de Donat et de Priscien).
2. Il contient, sous forme d’exemples, plus de 14.000 citations : il s’agit soit de précieux fragments d’ouvrages (littéraires, philosophiques, techniques) perdus soit de passages que l’on peut comparer avec la tradition directe des textes conservés.
3. Il met en évidence certaines tendances du latin tardif, notamment les formes expressives étrangères à l’usage classique.
4. Il évoque les discussions philosophiques au sujet de la nature et du fonctionnement du langage, en montrant l’adaptation des catégories logiques à l’enseignement scolaire. Au Moyen Âge, de nombreux débats portant aussi bien sur la logique que sur la théologie deviendront possibles grâce à la médiation des Grammatici Latini, notamment de Priscien.
Il est évident que ce corpus se signale par son caractère polyvalent et intrinsèquement stratifié, au carrefour de disciplines différentes. Son exploitation est susceptible d’intéresser les historiens qui se penchent sur les théories linguistiques, et pas seulement celles de l’Antiquité, les philologues et les littéraires, les romanistes et tous ceux qui étudient le passage du latin aux langues romanes, les philosophes. Toutes ces disciplines devraient tirer un grand profit de la possibilité d’enquêter sur des sources étudiées jusqu’à présent de façon partielle ou incomplète.
 

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