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Colloques, journées d'études

Evénement 

Titre:
Comment faire des vers ? Histoire des pratiques versificatoires gréco-latines
Quand:
22.04.2017 - 24.04.2017 
Où:
Maison de la Recherche de Paris IV-Sorbonne - Paris
Catégorie:
Colloques, journées d'études

Description

Information signalée par Sylvie Franchet d'Espèrey

Comment faire des vers ? Histoire des pratiques versificatoires gréco-latines

XVIe école de métrique

 

 

SESSION 1 L'APPRENTI POETE

Atelier 1 Descente aux Enfers

Aymeric MÜNCH (Université de Rouen)
À partir du texte et de la traduction métrique de la descente aux Enfers d'Orphée dans les Géorgiques IV, les participants pourront traduire métriquement le développement de ce texte dans l'Énéide VI. Il suffira de repérer les variations dans le texte latin, de supprimer dans le texte français des Géorgiques ce qui a été modifié dans l'Énéide, et calculer le nombre de syllabes possibles pour insérer la traduction de ces modifications. Enfin, à partir d'un répertoire de formules, chacun pourra improviser sa propre catabase, en y intégrant, à partir d'une liste virgilienne, son catalogue de monstres et de héros…

Atelier 2 L'apprenti d'Homère se fait taper dessus

Martin STEINRÜCK (Université de Fribourg)
Les trois systèmes de versification formulaire développés par Parry, par Visser-Bakker-Fabricotti, et par O'Neill, n'ont pas suffi à expliquer la construction orale de la performance homérique et ont déclenché un long silence dans la recherche formulaire depuis les années 2000. On tentera de s'exercer à produire des vers formulaires selon un quatrième système de versification, ce qui nous réservera quelques surprises.

Atelier 3 Comment faire des vers pour la danse ?

Marie-Hélène DELAVAUD-ROUX (UBO Brest-HCTIEA 4249)
Le public sera divisé en plusieurs petits groupes. Chacun d'entre eux disposera d'un quart d'heure pour écrire un ou plusieurs vers dans une combinaison rythmique et des éléments métriques précis (enveloppes à tirer au sort) dans un répertoire au choix (tragédie, comédie, drame satyrique) et en concevoir la chorégraphie. Au cours du quart d'heure suivant, chaque groupe devra danser sa production en chœur devant les autres, qui devront identifier la combinaison rythmique, les éléments métriques, le répertoire utilisé, puis apprendre la chorégraphie. L'ensemble du public reprendra chacune des chorégraphies, avec possibilité de la modifier (et de changer si nécessaire un mot ou une terminaison de mot), afin de passer dans un autre répertoire.

Session 2 DIRE, CHANTER, DANSER

Atelier 4 Initiation à la notation musicale : la plainte de Tecmessa de Timothée de Milet (P. Berol. 6870)

Sylvain PERROT (ENS, EFA)
Comme à notre habitude, nous commencerons cet atelier par un exposé des notions fondamentales de la théorie musicale antique et du système de notation musicale. L'exercice pratique consistera à déchiffrer la partition conservée sur le papyrus de Berlin où A. Bélis a reconnu une œuvre de Timothée de Milet, l'Ajax furieux. Ce sera l'occasion de réfléchir précisément à l'articulation du texte et de la musique, et notamment sur l'apport du genre chromatique au nouveau style musical que Timothée incarne dans le dithyrambe.

Atelier 5 Dicamus saltantes : lire, dire, danser les rythmes antiques

Tous ensemble, nous nous exercerons à la diction rythmique, en grec et en latin (à doser en fonction de la demande), d'un échantillon des grands rythmes récités : hexamètre, différents types d'épodes (ce sera l'occasion de travailler sur l'èthos, fondamental chez les iambographes), distiques élégiaques, strophe sapphique, alcaïque, en asclépiades. On s'attaquera ensuite aux rythmes des chœurs tragiques, cette fois en essayant de les « marcher », à défaut de danser : anapestes, ioniques, dochmies, trochées, choriambes. Chacun est libre d'amener les vers qu'il souhaiterait travailler avec le groupe !



Session 3 L'ATELIER DU POETE


Atelier 6 Modifications des principes de la poésie grecque, de l'accent mélodique à l'accent intensif

Michèle BIRAUD (Université de Nice-Sophia Antipolis)
Après avoir rappelé l'évolution de la nature de l'accent (d'un accent de contour mélodique à un accent d'intensité-durée), on examinera l'usage que font certains poètes hellénistiques de l'accent mélodique : succession de contours semblables, ou récurrence d'une séquence mélodique aux points stratégiques de l'épigramme (césure, début ou fin du poème, d'une phrase, d'un distique, d'un vers). On constatera l'apparition, au premier siècle avant notre ère, de poèmes rythmés par des échos de même nature, mais entre accents d'intensité-durée. On s'exercera enfin collectivement à établir la mélodie d'un ou deux poèmes puis, sur deux autres poèmes, à repérer la présence des échos relevant de l'intensité-durée.

Atelier 7 Histoires de strophes

Martin STEINRÜCK – Anne-Iris MUÑOZ (Université de Fribourg)
Après une introduction où l'on distinguera la stance (en composition monostrophique) de la strophe (en couples binaires ou en triades), en présentant les grandes lignes de leur évolution à travers les siècles, on travaillera en atelier sur un modèle propre à la tragédie, le couple strophe-antistrophe. À partir d'exemples tirés des tragédies d'Eschyle, on analysera d'une part le phénomène de responsio, en travaillant sur l'interaction entre rythme, mélodie accentuelle, couche sémantique et thématique, d'autre part la syntaxe des changements rythmiques entre couples strophiques à l'échelle d'un chant choral, en tenant compte des traditions poétiques qui colorent le choix de chaque mètre.

Atelier 8 « L'âme adore nager », Atelier de versification en latin (et grec) en deux étapes

Après un petit exercice de remplacement d'un mot ou groupe de mots dans un vers, dans le style des exercices de versification que l'on pratiquait dans les collèges français du XVIIIe siècle, on tentera, en deux groupes, de traduire le début du poème d'Henri Michaux en grec et en latin. La présentation des traductions obtenues sera suivie d'un petit récital où les participants seront invités à lire leurs propres compositions ou traductions. Sont déjà au menu un poème de Martin Steinrück en hexamètres sur les friandises suisses, Ordo dulcium imagunculis instructus, la traduction par Anne-Iris Muñoz d'un sonnet de la poétesse espagnole Dolors Alberola en hexamètres latins avec acrostiche et rimes, la traduction en strophes saphiques grecques et latines d'un poème en espagnol de Domingo F. Faílde, et tout ce que chacun aura composé !


Session 4 « COMMENT FAIRE DES VERS ? »

Avec les pieds

Philippe BRUNET (Université de Rouen)
Les lois du langage peuvent-elles contrevenir aux lois du corps ?
Les métriciens sont les seuls à entrevoir le rythme de la poésie : il faut bien sûr les entendre. Et non seulement les entendre, mais les voir, non pas seulement aligner des brèves et des longues, ou discuter de la césure, mais voir comment ils peuvent réapprendre à marcher, à danser, à gestuer, à interpréter, et à poser, en termes de pieds, les questions théoriques qui les préoccupaient au début de leur apprentissage.

Comment défaire des vers ?

Emmanuel LASCOUX (CRLC Sorbonne)
Car il y a bien défaire, pour bien faire.
Petites remarques de prose-odie, entre soi (le français) et soi-même (le grec).

Rendre l'esprit à la lettre

Guillaume BOUSSARD (Traducteur, Rouen)
Il s'agira de montrer que l'esprit d'un texte, au sens propre, c'est l'exercice de souffle qu'il propose à celui qui le lit à voix haute. Il suffit d'avoir un jour marché sur des strophes anapestiques pour savoir qu'une bonne partie du phrasé tient à la manière de respirer. Comment rendre en français la pulsation d'un texte étranger ? Cependant, la mise en place d'un rythme en traduction ne saurait suffire à créer de la poésie : les jeux d'assonances et d'allitérations, la limpidité de la syntaxe, les jeux étymologiques concourent à redonner au langage sa force anxiolytique d'envoûtement.
J'examinerai en détails quelques exemples pris dans mes traductions d'Archiloque, Eschyle, Lucrèce, C.-F. Meyer et R. Jeffers afin de montrer que l'ivresse et la magie poétiques tiennent autant (sinon plus) au jeu musical des syllabes qu'à la spéculation herméneutique.

J'ai perdu mon Euripide
– ou comment Thémison de Milet a composé sa propre musique sur des vers qui en avaient déjà

Sylvain PERROT (ENS, EFA)
L'inscription hellénistique de Thémison de Milet a fait couler beaucoup d'encre. On y apprend que pour la première fois, un artiste a composé ses propres mélodies sur des auteurs anciens : Euripide, Sophocle et Timothée. Certains en ont pris acte pour dire que c'était une habitude et que les papyrus conservés d'Euripide comportaient le texte original mais une musique nouvellement composée ; d'autres insistent sur la singularité du cas de Thémison pour argumenter du contraire. Après avoir reposé les termes du débat, on pourra poser la question d'une manière un peu différente : qu'est-ce que cela signifie de prendre les vers d'un auteur ancien et d'y mettre sa propre musique ? On connaît la pratique consistant à mettre en musique des vers, mais il est rare qu'on réécrive la musique. Alors pourquoi prendre ce risque ? Dans une culture où le compositeur est à la fois celui qui fait le texte et la musique, il y a là une rupture originale, dont il reste encore à explorer les enjeux.

Comment faire des vers lyriques en français ? L'exemple de la parodos des Suppliantes d'Eschyle

Aymeric MÜNCH (Université de Rouen)
S'il est aisé de traduire en français les mètres qui consistent en la reproduction d'une même cellule rythmique avec toutes les variations qu'elle peut comporter (trimètres iambiques, dimètres anapestiques, hexamètres dactyliques…), les strophes lyriques restent un défi pour la traduction métrique. Cet exercice incite à redéfinir au cas par cas la traduction accentuelle de la syllabe longue (= syllabe tonique) et de la syllabe brève (= syllabe atone). Quelques questions surgissent : dans quelle mesure, pour des raisons chorégraphiques, faut-il suivre le schéma rythmique de la strophe ? Certaines substitutions sont-elles possibles ? Quel sens peuvent avoir les notions de côla et de vers lyriques dans leur version française ?

Comment Eschyle a-t-il créé des rythmes simples dans son Prométhée enchaîné ?
Quelques remarques sur la parodos.

Marie-Hélène DELAVAUD-ROUX (UBO Brest-HCTIEA 4249)
Lorsqu'il s'est penché sur le problème de la date et de l'authenticité du Prométhée enchaîné, Georges Méautis a noté que les rythmes de cette pièce étaient beaucoup plus simples que ceux de ses autres tragédies. Cela résulte du choix du poète pour s'adapter aux acteurs et choreutes de Gela (où la pièce fut jouée) moins experts en métrique et en musique que les Athéniens. Ces propos nous conduisent à réfléchir sur la manière dont le poète a composé ses vers et nous examinerons ici la parodos (v. 128-192) en fonction des critères proposés par Denys d'Halicarnasse dans sa composition stylistique, VI, 6, 4-11 : la meilleure juxtaposition de mots, la forme du mot à utiliser (singulier, pluriel, cas, genre), les ajouts et les élisions.


L'usage de la mélodie accentuelle dans les poèmes d'Antipater de Sidon

Michèle BIRAUD (Université de Nice-Sophia Antipolis)
On peut repérer dans les poèmes d'Antipater de Sidon plusieurs formes de répétition mélodique : récurrence immédiate de la même mélodie sur le même rythme, deux vers ou hémistiches de même mélodie, échos mélodiques entre les mêmes places dans plusieurs vers (même mélodie à l'initiale ou à la fin, ou à la césure). Certaines mélodies peuvent être aussi remarquables par leur structure interne.
On repèrera d'abord dans certaines épigrammes un usage trop intensif pour ne pas être volontaire et on se demandera quels effets le poète a pu souhaiter produire (harmonie imitative, soulignements structurels ou sémantiques, construction d'une architecture sonore qui accompagne la syntaxe ou la progression des idées…). Dans un deuxième temps, on s'intéressera aux séquences seulement partiellement semblables, puis aux rapports entre parties mélodiques récurrentes et parties libres, les jeux de variantes et la variation libre étant aussi des principes de composition musicale.

Petite histoire de la métrique latine en France au XXe siècle

Antoine FOUCHER (Université de Caen)
Dans le cadre du projet d'une histoire de la métrique grecque et latine, de l'Antiquité à nos jours lancé lors du Damon XXXII, il s'agira de dresser un paysage des études de métrique latine en France au XXe siècle.

Prosilit Propertius, ou comment Properce joue à saute-mouton avec les vers

Martin STEINRÜCK (Université de Fribourg)
La description d'un procédé acrostichique inédit dans l'Élégie 3.1 de Properce fera apparaître une technique propre non seulement aux distiques élégiaques, mais déjà aux monostrophes sapphiques des humanistes et aux compositions épodiques. Dans ces compositions où l'unité rythmique détache un élément ajouté « après-coup », l'acrostiche joue à saute-mouton et ne tient compte que du début de l'unité prise comme un tout. Cet exemple servira également à forger un instrument pour juger si le poète s'est rendu compte ou non de la production de l'acrostiche.

Strophes cachées dans les chœurs de Sénèque ?

Anne-Iris MUÑOZ (Université de Fribourg)
À mi-chemin entre un modèle grec sans équivalent dans la tragédie latine, celui du couple strophe-antistrophe, et le vocabulaire horatien des strophes héritées de la poésie mélique archaïque grecque (strophe sapphique, alcaïque, strophes A et B en asclépiades), Sénèque le Tragique semble avoir créé pour ses chœurs un modèle intermédiaire : d'une part il défait la strophe horatienne, la dissout en une composition stichique ou en systèmes (au sens que donne à ce mot le métricien d'époque impériale Héphestion) où les clausules, rythmiquement différentes, interviennent à intervalles irréguliers, d'autre part il recrée l'équivalent d'un système strophique par des architectures rimiques inédites à cette époque.

Forger un vers nouveau à l'usage des Anciens : le vers politique de douze syllabes chez Jean Tzetzès

Stanislas KUTTNER-HOMS (Université de Caen)
Il s'agira d'interroger le rapport entre trimètre iambique et dodécasyllabe byzantin, le rythme de prose des lettres et le rythme des dodécasyllabes qui servent à les commenter (Epistulae / Historiae), prosodie quantitative et prosodie syllabo-accentuelle (tradition alexandrine). On embrassera des extraits des Histoires de Jean Tzetzès, de sa Théogonie et de ses scholies. La thèse ? Montrer que l'entreprise de Tzetzès est de faire du vers politique de douze syllabes le concurrent de tous les vers antiques, à commencer par l'hexamètre. Faire un vers byzantin suppose donc de se souvenir des exemples anciens. L'horizon de cette hypothèse : les vers de Tzetzès sont-ils Tzetikoi ?

Lieu de la manifestation : Paris, Sorbonne, Maison de la recherche, 28 rue Serpente 75006
Organisation : Anne-Iris Munoz
Contact : MUNOZ Anne-Iris

Lieu

Carte
Localisation:
Maison de la Recherche de Paris IV-Sorbonne   -   Site internet
Route/rue:
28, rue Serpente
Code postal:
75006
Localité/ville:
Paris
Pays:
Pays: fr

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