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Colloques, journées d'études

Evénement 

Titre:
Comment faire des vers ? Histoire des pratiques versificatoires gréco-latines
Quand:
20.04.2017 - 22.04.2017 
Où:
Maison de la Recherche de Paris IV-Sorbonne - Paris
Catégorie:
Colloques, journées d'études

Description

Information signalée par Sylvie Franchet d'Espèrey

Comment faire des vers ? Histoire des pratiques versificatoires gréco-latines

XVIe école de métrique

Journées organisées avec EDITTA (EA 1491)
Université Paris-Sorbonne
20, 21 & 22 avril 2017
Bibliothèque de l’UFR de Latin (1 Rue Victor Cousin, 75005 Paris)
Maison de la Recherche (28 Rue Serpente, 75005 Paris)


On ne fait pas des vers en lisant les règles d’un manuel de métrique d’Héphestion, de Terentianus Maurus, de Hermann, Maas, West ou Gentili. Maïakovski, auquel nous avons emprunté le titre, disait qu’il fallait marcher en faisant tourner ses bras, Schiller mettait des pommes pourries dans son tiroir, mais pour l’essentiel on apprenait à partir d’un vers déjà fait. Dans les manuels français du XVIIIe siècle, l’élève lit par exemple : arma virumque … Troiae qui primus ab oris, et doit remplir son premier blanc (tego, feras, leges, etc) ; le nombre de blancs augmentera dans les leçons qui suivent. À la fin, il doit composer lui-même : mecum conscende polos, caelestia regna (Rimbaud, 12 ans, avec une erreur métrique). Quand le Politien propose l’une de ses premières poésies en grec (Ὦ φίλε, «χαῖρε» λέγεις ὅτε σὸν ποτὶ δῶμα καθήκω), la formulation suggère que l’un des vers qu’il avait appris par coeur et modifié venait du refrain de Théocrite Ἶυγξ, ἕλκε τὺ τῆνον ἐμὸν ποτὶ δῶμα τὸν ἄνδρα. Ce n’est pas que la théorie métrique soit totalement dénuée de lien avec la pratique. À la fin de l’Antiquité, Servius est fier de rejeter tout le charabia des deux écoles antiques, l’une venant de l’extérieur (outer metrics, dira Maas) du cadre, du vers, celle des dérivationnistes, l’autre de l’atome, celle des dix prototypa, un jeu de Lego, applicable à tout, pour les remplacer par un catalogue de cent formes, énoncées à travers des exemples qui font allusion à la nomenclature. Son Centimetrum (plutôt dérivationniste) servira de base à Perotti, de Celtis et encore à Scaliger et à Opitz. La théorie comme structuralisme de schémas est, comme beaucoup de notions attribuées à l’Antiquité (le mythe, la syntaxe), une invention du XIXe siècle. Les théories archaïque et classique sont différentes (révolution du musicien Damon, qui invente l’équivalence rythmique entre deux brèves et une longue), mais l’apprentissage ou la production de vers suivent en fait aussi la mimésis. Dans la partie atelier, on tentera donc comme toujours de donner les bases de la métrique, mais cette fois-ci d’un point de vue « scholaire », selon la pratique, sans toutefois perdre de vue notre but d’interpréter les textes par la métrique.

École de métrique (ateliers)

JEUDI 20 AVRIL 2017 (BIBLIOTHÈQUE DE L’UFR DE LATIN)

Session 1 L’apprenti poète
14h00-15h00 Aymeric MÜNCH (Université de Rouen) « Descente aux Enfers »
15h00-16h00 Martin STEINRÜCK (Université de Fribourg) « L’apprenti d’Homère se fait taper dessus »
16h00-16h30 Pause
16h30-17h30 Marie-Hélène DELAVAUD-ROUX (U. de Bretagne Occidentale) « Comment faire des vers pour la danse »

VENDREDI 21 AVRIL 2017 (BIBLIOTHÈQUE DE L’UFR DE LATIN)

Session 2 Dire, chanter, danser
9h00-10h30 Sylvain PERROT (ENS, EFA) Atelier de musique antique
10h30-10h45 Pause
10h45-12h00 Atelier commun « Dicamus saltantes : lire, dire, danser les rythmes antiques »
12h00-14h00 Repas

Session 3 L’atelier du poète
14h00-15h00 Michèle BIRAUD (U. de Nice-Sofia Antipolis) « Modifications des principes de la poésie grecque, de l’accent mélodique à l’accent intensif »
15h00-16h00 Martin STEINRÜCK - Anne-Iris MUÑOZ (Université de Fribourg) « Histoires de strophes »
16h00-16h30 Pause
16h30-17h30 Martin STEINRÜCK (Université de Fribourg) « L’âme adore nager »
Atelier de versification en latin (et grec) en deux étapes
Petit récital en grec et latin…

SAMEDI 22 AVRIL 2017 (MAISON DE LA RECHERCHE, SALLE D323)

9h00-9h30 Philippe BRUNET (Université de Rouen) « Avec les pieds. »
9h30-10h00 Emmanuel LASCOUX (CRLC Sorbonne) « Comment défaire les vers ? »
10h00-10h30 Guillaume BOUSSARD (Traducteur, Rouen) « Rendre l’esprit à la lettre »
10h30-10h50 Discussion et pause
10h50-11h20 Sylvain PERROT (ENS, EFA) « J’ai perdu mon Euripide, ou comment Thémison de Milet a composé sa propre musique sur des vers qui en avaient déjà »
11h20-11h50 Aymeric MÜNCH (Université de Rouen) « Comment faire des vers lyriques en français ? L’exemple de la parodos des Suppliantes »
11h50-12h20 Marie-Hélène Delavaud-Roux (U. de Bretagne occidentale) « Comment Eschyle a-t-il créé des rythmes simples dans son Prométhée Enchaîné ? Quelques remarques sur la parodos »
12h20-12h30 Discussion
12h30-14h00 Repas
14h15-14h45 Michèle BIRAUD (U. de Nice-Sofia Antipolis) « L’usage de la mélodie accentuelle dans les poèmes d’Antipater de Sidon »
14h45-15h15 Antoine FOUCHER (Université de Caen) « Petite histoire de la métrique latine en France au XXe siècle »
15h15-15h45 Martin STEINRÜCK (Université de Rouen) « Prosilit Propertius, ou comment Properce joue à saute-mouton avec les vers »
15h45-16h15 Discussion et pause
16h15-16h45 Anne-Iris MUÑOZ (Université de Fribourg) « Strophes cachées dans les choeurs de Sénèque ? »
16h45-17h15 Stanislas KUTTNER-HOMS (Université de Caen) « Forger un vers nouveau à l’usage des Anciens : le vers politique de douze syllabes chez Jean Tzetzès »
17h15… Discussion
Clôture de l’école de métrique, adieux

SESSION 1 L'APPRENTI POETE

Atelier 1 Descente aux Enfers

Aymeric MÜNCH (Université de Rouen)
À partir du texte et de la traduction métrique de la descente aux Enfers d'Orphée dans les Géorgiques IV, les participants pourront traduire métriquement le développement de ce texte dans l'Énéide VI. Il suffira de repérer les variations dans le texte latin, de supprimer dans le texte français des Géorgiques ce qui a été modifié dans l'Énéide, et calculer le nombre de syllabes possibles pour insérer la traduction de ces modifications. Enfin, à partir d'un répertoire de formules, chacun pourra improviser sa propre catabase, en y intégrant, à partir d'une liste virgilienne, son catalogue de monstres et de héros…

Atelier 2 L'apprenti d'Homère se fait taper dessus

Martin STEINRÜCK (Université de Fribourg)
Les trois systèmes de versification formulaire développés par Parry, par Visser-Bakker-Fabricotti, et par O'Neill, n'ont pas suffi à expliquer la construction orale de la performance homérique et ont déclenché un long silence dans la recherche formulaire depuis les années 2000. On tentera de s'exercer à produire des vers formulaires selon un quatrième système de versification, ce qui nous réservera quelques surprises.

Atelier 3 Comment faire des vers pour la danse ?

Marie-Hélène DELAVAUD-ROUX (UBO Brest-HCTIEA 4249)
Le public sera divisé en plusieurs petits groupes. Chacun d'entre eux disposera d'un quart d'heure pour écrire un ou plusieurs vers dans une combinaison rythmique et des éléments métriques précis (enveloppes à tirer au sort) dans un répertoire au choix (tragédie, comédie, drame satyrique) et en concevoir la chorégraphie. Au cours du quart d'heure suivant, chaque groupe devra danser sa production en chœur devant les autres, qui devront identifier la combinaison rythmique, les éléments métriques, le répertoire utilisé, puis apprendre la chorégraphie. L'ensemble du public reprendra chacune des chorégraphies, avec possibilité de la modifier (et de changer si nécessaire un mot ou une terminaison de mot), afin de passer dans un autre répertoire.

Session 2 DIRE, CHANTER, DANSER

Atelier 4 Initiation à la notation musicale : la plainte de Tecmessa de Timothée de Milet (P. Berol. 6870)

Sylvain PERROT (ENS, EFA)
Comme à notre habitude, nous commencerons cet atelier par un exposé des notions fondamentales de la théorie musicale antique et du système de notation musicale. L'exercice pratique consistera à déchiffrer la partition conservée sur le papyrus de Berlin où A. Bélis a reconnu une œuvre de Timothée de Milet, l'Ajax furieux. Ce sera l'occasion de réfléchir précisément à l'articulation du texte et de la musique, et notamment sur l'apport du genre chromatique au nouveau style musical que Timothée incarne dans le dithyrambe.

Atelier 5 Dicamus saltantes : lire, dire, danser les rythmes antiques

Tous ensemble, nous nous exercerons à la diction rythmique, en grec et en latin (à doser en fonction de la demande), d'un échantillon des grands rythmes récités : hexamètre, différents types d'épodes (ce sera l'occasion de travailler sur l'èthos, fondamental chez les iambographes), distiques élégiaques, strophe sapphique, alcaïque, en asclépiades. On s'attaquera ensuite aux rythmes des chœurs tragiques, cette fois en essayant de les « marcher », à défaut de danser : anapestes, ioniques, dochmies, trochées, choriambes. Chacun est libre d'amener les vers qu'il souhaiterait travailler avec le groupe !



Session 3 L'ATELIER DU POETE


Atelier 6 Modifications des principes de la poésie grecque, de l'accent mélodique à l'accent intensif

Michèle BIRAUD (Université de Nice-Sophia Antipolis)
Après avoir rappelé l'évolution de la nature de l'accent (d'un accent de contour mélodique à un accent d'intensité-durée), on examinera l'usage que font certains poètes hellénistiques de l'accent mélodique : succession de contours semblables, ou récurrence d'une séquence mélodique aux points stratégiques de l'épigramme (césure, début ou fin du poème, d'une phrase, d'un distique, d'un vers). On constatera l'apparition, au premier siècle avant notre ère, de poèmes rythmés par des échos de même nature, mais entre accents d'intensité-durée. On s'exercera enfin collectivement à établir la mélodie d'un ou deux poèmes puis, sur deux autres poèmes, à repérer la présence des échos relevant de l'intensité-durée.

Atelier 7 Histoires de strophes

Martin STEINRÜCK – Anne-Iris MUÑOZ (Université de Fribourg)
Après une introduction où l'on distinguera la stance (en composition monostrophique) de la strophe (en couples binaires ou en triades), en présentant les grandes lignes de leur évolution à travers les siècles, on travaillera en atelier sur un modèle propre à la tragédie, le couple strophe-antistrophe. À partir d'exemples tirés des tragédies d'Eschyle, on analysera d'une part le phénomène de responsio, en travaillant sur l'interaction entre rythme, mélodie accentuelle, couche sémantique et thématique, d'autre part la syntaxe des changements rythmiques entre couples strophiques à l'échelle d'un chant choral, en tenant compte des traditions poétiques qui colorent le choix de chaque mètre.

Atelier 8 « L'âme adore nager », Atelier de versification en latin (et grec) en deux étapes

Après un petit exercice de remplacement d'un mot ou groupe de mots dans un vers, dans le style des exercices de versification que l'on pratiquait dans les collèges français du XVIIIe siècle, on tentera, en deux groupes, de traduire le début du poème d'Henri Michaux en grec et en latin. La présentation des traductions obtenues sera suivie d'un petit récital où les participants seront invités à lire leurs propres compositions ou traductions. Sont déjà au menu un poème de Martin Steinrück en hexamètres sur les friandises suisses, Ordo dulcium imagunculis instructus, la traduction par Anne-Iris Muñoz d'un sonnet de la poétesse espagnole Dolors Alberola en hexamètres latins avec acrostiche et rimes, la traduction en strophes saphiques grecques et latines d'un poème en espagnol de Domingo F. Faílde, et tout ce que chacun aura composé !


Session 4 « COMMENT FAIRE DES VERS ? »

Avec les pieds

Philippe BRUNET (Université de Rouen)
Les lois du langage peuvent-elles contrevenir aux lois du corps ?
Les métriciens sont les seuls à entrevoir le rythme de la poésie : il faut bien sûr les entendre. Et non seulement les entendre, mais les voir, non pas seulement aligner des brèves et des longues, ou discuter de la césure, mais voir comment ils peuvent réapprendre à marcher, à danser, à gestuer, à interpréter, et à poser, en termes de pieds, les questions théoriques qui les préoccupaient au début de leur apprentissage.

Comment défaire des vers ?

Emmanuel LASCOUX (CRLC Sorbonne)
Car il y a bien défaire, pour bien faire.
Petites remarques de prose-odie, entre soi (le français) et soi-même (le grec).

Rendre l'esprit à la lettre

Guillaume BOUSSARD (Traducteur, Rouen)
Il s'agira de montrer que l'esprit d'un texte, au sens propre, c'est l'exercice de souffle qu'il propose à celui qui le lit à voix haute. Il suffit d'avoir un jour marché sur des strophes anapestiques pour savoir qu'une bonne partie du phrasé tient à la manière de respirer. Comment rendre en français la pulsation d'un texte étranger ? Cependant, la mise en place d'un rythme en traduction ne saurait suffire à créer de la poésie : les jeux d'assonances et d'allitérations, la limpidité de la syntaxe, les jeux étymologiques concourent à redonner au langage sa force anxiolytique d'envoûtement.
J'examinerai en détails quelques exemples pris dans mes traductions d'Archiloque, Eschyle, Lucrèce, C.-F. Meyer et R. Jeffers afin de montrer que l'ivresse et la magie poétiques tiennent autant (sinon plus) au jeu musical des syllabes qu'à la spéculation herméneutique.

J'ai perdu mon Euripide
– ou comment Thémison de Milet a composé sa propre musique sur des vers qui en avaient déjà

Sylvain PERROT (ENS, EFA)
L'inscription hellénistique de Thémison de Milet a fait couler beaucoup d'encre. On y apprend que pour la première fois, un artiste a composé ses propres mélodies sur des auteurs anciens : Euripide, Sophocle et Timothée. Certains en ont pris acte pour dire que c'était une habitude et que les papyrus conservés d'Euripide comportaient le texte original mais une musique nouvellement composée ; d'autres insistent sur la singularité du cas de Thémison pour argumenter du contraire. Après avoir reposé les termes du débat, on pourra poser la question d'une manière un peu différente : qu'est-ce que cela signifie de prendre les vers d'un auteur ancien et d'y mettre sa propre musique ? On connaît la pratique consistant à mettre en musique des vers, mais il est rare qu'on réécrive la musique. Alors pourquoi prendre ce risque ? Dans une culture où le compositeur est à la fois celui qui fait le texte et la musique, il y a là une rupture originale, dont il reste encore à explorer les enjeux.

Comment faire des vers lyriques en français ? L'exemple de la parodos des Suppliantes d'Eschyle

Aymeric MÜNCH (Université de Rouen)
S'il est aisé de traduire en français les mètres qui consistent en la reproduction d'une même cellule rythmique avec toutes les variations qu'elle peut comporter (trimètres iambiques, dimètres anapestiques, hexamètres dactyliques…), les strophes lyriques restent un défi pour la traduction métrique. Cet exercice incite à redéfinir au cas par cas la traduction accentuelle de la syllabe longue (= syllabe tonique) et de la syllabe brève (= syllabe atone). Quelques questions surgissent : dans quelle mesure, pour des raisons chorégraphiques, faut-il suivre le schéma rythmique de la strophe ? Certaines substitutions sont-elles possibles ? Quel sens peuvent avoir les notions de côla et de vers lyriques dans leur version française ?

Comment Eschyle a-t-il créé des rythmes simples dans son Prométhée enchaîné ?
Quelques remarques sur la parodos.

Marie-Hélène DELAVAUD-ROUX (UBO Brest-HCTIEA 4249)
Lorsqu'il s'est penché sur le problème de la date et de l'authenticité du Prométhée enchaîné, Georges Méautis a noté que les rythmes de cette pièce étaient beaucoup plus simples que ceux de ses autres tragédies. Cela résulte du choix du poète pour s'adapter aux acteurs et choreutes de Gela (où la pièce fut jouée) moins experts en métrique et en musique que les Athéniens. Ces propos nous conduisent à réfléchir sur la manière dont le poète a composé ses vers et nous examinerons ici la parodos (v. 128-192) en fonction des critères proposés par Denys d'Halicarnasse dans sa composition stylistique, VI, 6, 4-11 : la meilleure juxtaposition de mots, la forme du mot à utiliser (singulier, pluriel, cas, genre), les ajouts et les élisions.


L'usage de la mélodie accentuelle dans les poèmes d'Antipater de Sidon

Michèle BIRAUD (Université de Nice-Sophia Antipolis)
On peut repérer dans les poèmes d'Antipater de Sidon plusieurs formes de répétition mélodique : récurrence immédiate de la même mélodie sur le même rythme, deux vers ou hémistiches de même mélodie, échos mélodiques entre les mêmes places dans plusieurs vers (même mélodie à l'initiale ou à la fin, ou à la césure). Certaines mélodies peuvent être aussi remarquables par leur structure interne.
On repèrera d'abord dans certaines épigrammes un usage trop intensif pour ne pas être volontaire et on se demandera quels effets le poète a pu souhaiter produire (harmonie imitative, soulignements structurels ou sémantiques, construction d'une architecture sonore qui accompagne la syntaxe ou la progression des idées…). Dans un deuxième temps, on s'intéressera aux séquences seulement partiellement semblables, puis aux rapports entre parties mélodiques récurrentes et parties libres, les jeux de variantes et la variation libre étant aussi des principes de composition musicale.

Petite histoire de la métrique latine en France au XXe siècle

Antoine FOUCHER (Université de Caen)
Dans le cadre du projet d'une histoire de la métrique grecque et latine, de l'Antiquité à nos jours lancé lors du Damon XXXII, il s'agira de dresser un paysage des études de métrique latine en France au XXe siècle.

Prosilit Propertius, ou comment Properce joue à saute-mouton avec les vers

Martin STEINRÜCK (Université de Fribourg)
La description d'un procédé acrostichique inédit dans l'Élégie 3.1 de Properce fera apparaître une technique propre non seulement aux distiques élégiaques, mais déjà aux monostrophes sapphiques des humanistes et aux compositions épodiques. Dans ces compositions où l'unité rythmique détache un élément ajouté « après-coup », l'acrostiche joue à saute-mouton et ne tient compte que du début de l'unité prise comme un tout. Cet exemple servira également à forger un instrument pour juger si le poète s'est rendu compte ou non de la production de l'acrostiche.

Strophes cachées dans les chœurs de Sénèque ?

Anne-Iris MUÑOZ (Université de Fribourg)
À mi-chemin entre un modèle grec sans équivalent dans la tragédie latine, celui du couple strophe-antistrophe, et le vocabulaire horatien des strophes héritées de la poésie mélique archaïque grecque (strophe sapphique, alcaïque, strophes A et B en asclépiades), Sénèque le Tragique semble avoir créé pour ses chœurs un modèle intermédiaire : d'une part il défait la strophe horatienne, la dissout en une composition stichique ou en systèmes (au sens que donne à ce mot le métricien d'époque impériale Héphestion) où les clausules, rythmiquement différentes, interviennent à intervalles irréguliers, d'autre part il recrée l'équivalent d'un système strophique par des architectures rimiques inédites à cette époque.

Forger un vers nouveau à l'usage des Anciens : le vers politique de douze syllabes chez Jean Tzetzès

Stanislas KUTTNER-HOMS (Université de Caen)
Il s'agira d'interroger le rapport entre trimètre iambique et dodécasyllabe byzantin, le rythme de prose des lettres et le rythme des dodécasyllabes qui servent à les commenter (Epistulae / Historiae), prosodie quantitative et prosodie syllabo-accentuelle (tradition alexandrine). On embrassera des extraits des Histoires de Jean Tzetzès, de sa Théogonie et de ses scholies. La thèse ? Montrer que l'entreprise de Tzetzès est de faire du vers politique de douze syllabes le concurrent de tous les vers antiques, à commencer par l'hexamètre. Faire un vers byzantin suppose donc de se souvenir des exemples anciens. L'horizon de cette hypothèse : les vers de Tzetzès sont-ils Tzetikoi ?

Organisation :
Sylvie Franchet d’Espèrey (Université Paris-Sorbonne, Directrice de l’EA 1491-EDITTA), Anne-Iris Muñoz (Université de Fribourg, École de métrique antique), Christine Hunzinger (Université Paris-Sorbonne-EDITTA), Marie-Anne Sabiani (Université Paris-Sorbonne-EDITTA)
Lieu de la manifestation : Bibliothèque de l’UFR de Latin (1 Rue Victor Cousin, 75005 Paris) et Maison de la Recherche (28 Rue Serpente, 75005 Paris)
Organisation : Anne-Iris Muñoz
Contact : anne-iris.munoz[at]unifr.ch

Lieu

Carte
Localisation:
Maison de la Recherche de Paris IV-Sorbonne   -   Site internet
Route/rue:
28, rue Serpente
Code postal:
75006
Localité/ville:
Paris
Pays:
Pays: fr

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