B. Bakhouche (dir.), Formes du portrait dans le monde hellénistique et romain

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Béatrice Bakhouche (dir.), Formes du portrait dans le monde hellénistique et romain, Paris, 2017.

Éditeur : Classiques Garnier
Collection : Rencontres, Série Littératures antiques, n° 1
387 pages
ISBN : 978-2-406-06752-8
34 €

Le portrait se rencontre dans les arts figurés comme dans la littérature, y compris la numismatique, comme dans la littérature, voire la physiognomonie.
Son expression littéraire donne, dans la successivité du discours narratif, ce qui se présente simultanément à la vue mais peut indiquer également des aspects cachés de la personne. L'étude des éléments descriptifs spécifiques à la peinture d'un personnage conduit à une définition formelle du portrait et de sa typologie ; elle permet également des croisements avec différents genres littéraires, cet objet d'étude étant véritablement holistique car presque tous les genres antiques peuvent être convoqués dans cette enquête.

 

AVANT-PROPOS

PREMIERE PARTIE
THEORISATION DU PORTRAIT

Joël THOMAS, « Polir le miroir de l'âme : l'art du portrait à Rome »
L'art du portrait à Rome concilie visible et invisible, réalité et idéal, groupe et individu, imitation de l'apparence et expression de l'essence. Elle touche à la problématique du miroir : psychisme et réalité physique se reflètent l'un l'autre. C'est ainsi que la capacité – propre à un art classique – de concilier les contraires se retrouve dans les portraits romains : elle croise et multiplie les angles d'approche pour enrichir notre connaissance du sujet, dans sa complexité.

Charles GUERIN, « Ostendam cuius modi sis. Le portrait oratoire à Rome entre argumentation et fiction »
Dans les discours judiciaires tardo-républicains, les portraits que l'orateur présente à son public sont autant des objets esthétiques permettant de décrire le réel que des instruments argumentatifs permettant de l'interpréter : ils relient les particularités d'un individu à une généralité abstraite servant la démonstration. Le portrait constitue ainsi un révélateur des mécanismes profonds de la persuasion oratoire, mais représente également, dans l'arsenal de l'orateur, un opérateur de fiction.

Mireille COURRENT, « Portraits de peuples, portrait de Rome. Vitruve (De arch. VI, 1, 1-11) et l'ethnognomonie latine »
Empruntant à la tradition hippocratique et à Posidonios, Vitruve consacre un long développement à l'influence du climat sur les qualités physiques et morales des peuples, suivant un axe nord-sud, dont l'Italie et ses habitants constituent le centre, équilibré et tempéré, et aux extrémités duquel figurent des populations possédant les caractères généralement attribués aux Germains et aux Éthiopiens. Ces portraits trouvent ensuite un écho chez les ethnographes et les portraitistes latins.

Valérie NAAS, « L'histoire du portrait chez Pline l'Ancien. Une lecture politique et morale des imagines »
Le célèbre texte de Pline l'Ancien sur la peinture de portrait et les imagines, au début du livre XXXV, est étudié à partir des realia évoquées et de leur inscription dans le projet et les conceptions de l'auteur. Il s'agit de montrer que dans l'art du portrait se rejoignent précisément le témoignage de Pline sur les pratiques artistiques dans leur dimension sociale et son parti-pris idéologique en faveur des Flaviens. C'est ainsi une conception politique et morale des imagines qu'offre Pline.

Abel N. PENA, « Statues en mouvement et formes du portrait dans l'Oneirocriticon d'Artémidore de Daldis »
L'Oneirocriticon d'Artémidore offre nombre de références à des images des dieux et des hommes. Il s'agit ici d'étudier une typologie des statues-portraits dans le cadre des représentations de l'imaginaire au IIe siècle de notre ère. Il est intéressant de remarquer que certaines de ces représentations sont explicitées par la notion d'émergence onirique, comme c'est le cas des statues-portraits des dieux, et d'autres par sa fonction sociale et psychologique, comme c'est le cas du portrait social.

Jérôme LAGOUANERE, « Canis iste rabiosus (Aug., c. adu. leg., II, 4, 13). Le portrait comme arme théologique chez Jérôme et Augustin »
Le portrait constitue un procédé topique de l'écriture polémique chez les Pères de l'Église. L'article examine dans quelle mesure la nature théologique du propos peut influer sur l'usage de ce procédé rhétorique chez Augustin et Jérôme. Après avoir étudié le renouvellement des loci communes du portrait polémique et l'élaboration d'une typologie de la figure de l'hérétique, la pré- sente communication analyse la pragmatique du discours sous-tendue par le recours au portrait chez Augustin et Jérôme.

Paul-Augustin DEPROOST, « “L'animal ami de la raison”. Le portrait d'Adam au sixième jour de la création chez Dracontius »
Le portrait d'Adam chez le poète africain Dracontius enrichit le récit de la la création du premier homme dans la Genèse de traits anthropologiques qui en structurent l'anatomie et l'éveil à la vie à travers une « synthèse métamorphique » du minéral, du végétal et de l'animal, validant ainsi l'œuvre du sixième jour dans un processus de création plus proche du modèle ovidien que de l'épure biblique.


DEUXIEME PARTIE
DES PORTRAITS REELS ?

Estelle GALBOIS, « Reconsidérer l'obésité des rois lagides. Approches textuelles et iconographiques »
Il s'agira dans cette contribution d'interroger, le corps des souverains hellénistiques, et plus spécifiquement le corps obèse des rois, tel qu'il est présenté dans les sources littéraires et les images. La confrontation de ces sources de nature différente aboutit en effet à des contradictions manifestes : là où les textes, dans une double visée moralisatrice et politique, donnent du souverain une image dégradée, les portraits plastiques montrent au contraire une image positive du roi.

Mathilde CAZEAUX, « Massinissa et Syphax. Un diptyque barbare chez Tite-Live »
Le présent article propose d'étudier la construction de portraits croisés dans l'économie d'un texte historique : l'Ab Vrbe Condita. Dans une symétrie qui s'élabore au fil du texte, les figures de deux rois numides sont construites pour illustrer un propos éthique, celui d'une dynamique entre barbarie et romanité.

Marie PLATON, « Construire le portrait de l'empereur dans l'Histoire romaine de Dion Cassius. L'exemple de Tibère »
Le portrait de Tibère au livre 57 de l'Histoire romaine de Cassius Dion est parcouru par une double tension : entre fixité du personnage et dynamisme de son modèle d'abord, entre singularité et généralité ensuite. L'article étudie comment Dion fixe les contours de la φύσις de Tibère en la soustrayant au mouvement de l'histoire, et en quoi le profil ainsi dégagé s'inscrit dans la lignée des dirigeants de Rome tout en s'en démarquant par l'accentuation et la systématisation de certains traits.

Sébastien BARBARA, « “L'idiot de la famille” : remarques sur le portrait de Claude chez Suétone »
La contribution examine la place et les caractéristiques de la bêtise de Claude dans le portrait proposé par Suétone. Ce travers structure en profondeur la biographie car Claude avait très tôt fédéré contre lui divers courants hostiles qui axaient déjà leurs critiques moqueuses autour de ce concept. Une lecture attentive fait apparaître la faible marge de manœuvre de Suétone très dépendant des caricatures antérieures, d'un corpus orienté et de ses recherches sur la correspondance d'Auguste.

Olivier THEVENAZ, « Images d'autrui et image de soi dans les Lettres de Pline le Jeune »
Cet article étudie le portrait épistolaire chez Pline le Jeune, à partir d'exemples tirés du livre IX, dernier de la correspondance privée, et des lettres sur Pline l'Ancien (3.5) et Spurinna (3.1, avec 3.10 et 2.7). Les portraits projettent et reflètent l'idéal d'homme de l'élite dessiné par Pline. Liés aux imagines funèbres, peintures des esprits autant que des corps, ils présentent au lecteur des modèles sociaux, moraux et intellectuels auxquels conformer sa propre image face au miroir de la lettre.

Marie-Odile BRUHAT, « De l'auto-portrait à la propagande. La représentation de Constantin en empereur inspiré »
Dans la Vie de Constantin, Eusèbe dépeint un empereur élu et inspiré par Dieu. Or il apparaît que Constantin lui-même a dès 312 orchestré le thème de l'inspiration divine pour en faire le trait essentiel de son autoportrait. L'article montre, en croisant le témoignage d'Eusèbe, le Discours à l'assemblée des saints de Constantin, le poème III d'Optatianus Porfyrius et une lettre de Constantin au même poète, que la volonté d'apparaître comme le soutien de l'inspiration poétique relève de cet autoportrait.

Paul M. MARTIN, « Épilogue. Le De viris illustribus Vrbis Romae : un portrait- robot du Romain idéal dans l'Antiquité tardive »
L'auteur anonyme du De viris illustribus Vrbis Romae brosse, à travers la galerie des grands hommes de l'époque républicaine, un portrait-robot du Romain idéal. Ce païen attaché aux valeurs antiques de la cité veut se réapproprier ces valeurs, reprises et dévoyées par le christianisme. Ce qui l'amène à modifier parfois la tradition. Ses allusions récurrentes à la nécessité de concordia font sans doute allusion aux troubles dynastiques de la fin du IVe siècle et constituent un élément de datation du recueil.

POSTFACE

INDEX NOMINUM

INDEX RERUM

 

 

Source : Classiques Garnier

 

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