Pratiques funéraires et identité(s)

Pratiques funéraires et identité(s)

JOURNÉES D'ÉTUDES JEUNES CHERCHEURS - APPEL À COMMUNICATION

17 et 18 novembre 2020, Université de Strasbourg

Appel à contributions
Date limite : 5 avril 2020


La mort d'un individu dans une communauté entraîne généralement la mise en place d'une chaîne opératoire funéraire complexe répétée de décès en décès. Elle s'oppose en cela aux dépôts non funéraires, caractérisés par l'absence de funérailles et/ou de tombe dédiée (rejet ou abandon du cadavre, privation de sépulture - BOULESTIN 2016). L'étude de la « pratique » (ibid.) d'un groupe donné et de sa variabilité permet de saisir des contrastes dans le traitement des défunts et d'appréhender plusieurs aspects de la société des vivants. Les rituels et funérailles - difficilement saisissables dans le cas des populations pré- et protohistoriques -, ainsi que les gestes funéraires révèlent de facto une ou plusieurs des identités du défunt. Il peut s'agir de son identité individuelle, liée par exemple à son sexe, son âge ou son statut social, mais également de son identité collective, qui est quant à elle « vécue et produite » (LENCLUD 2008) et qui renvoie à son appartenance à un groupe. Le rôle de la pratique funéraire, dans ce dernier cas, est ainsi de maintenir les liens entre ses acteurs et de s'assurer de sa pérennité.
La mort et les événements qui gravitent autour de son surgissement mènent à des interactions sociales et des gestes spécifiques qui interrogent les philosophes. Parmi leurs points de vue, la pratique (praxis) entretient une relation dialectique avec la théorie. Elle conduit à distinguer la pratique de la philosophie et la philosophie pratique, qui amènent à se questionner et à agir sur la sphère funéraire. Dans ce cas, la théorie sur la mort peut prendre une forme pratique dans le cadre des funérailles, de l'expression des croyances et des pensées collectives ou individuelles, rattachables à des cultures ou des éducations spécifiques (HABERMAS 2008). Le mort met l'individu et la communauté face à l'inconnu, à l'interrogation métaphysique et les pousse à établir une série de pratiques et de récits qui délivrent de la crainte, mais aussi de la souillure provoquée par le mort (ILDEFONSE 2012).

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M.-C. Isaïa, Fr. Bougard et A. Charansonnet (éd.), Lyon dans l’Europe carolingienne. Autour d’Agobard (816-840)

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Marie-Céline Isaïa, François Bougard et Alexis Charansonnet (éd.), Lyon dans l'Europe carolingienne. Autour d'Agobard (816-840), Turnhout, 2019.

Éditeur : Brepols
Collection : Haut Moyen Âge (HAMA 36)
382 pages
ISBN : 978-2-503-58235-1
80 €


Lyon, capitale des Burgondes (Ve-VIe siècles), avait été marginalisée au temps des royaumes mérovingiens de l'Entre-Seine-et-Rhin, et ses élites décimées par les pouvoirs francs (VIIe-VIIIIe siècles). La création d'un empire par Pépin le Bref puis Charlemagne a changé la donne. Dans une construction politique qui veut unir la Germanie à l'Italie, la Saxe à la Catalogne, Lyon retrouve une place centrale : porte de l'Espagne chrétienne, voie d'accès privilégiée à l'Italie lombarde dont Charlemagne a fait son premier objectif militaire, la ville devient la tête de pont de la présence franque dans le sud de l'Europe.
Le pouvoir carolingien cependant ne s'impose pas à Lyon seulement par la force, mais en y relevant le gouvernement épiscopal. Des évêques choisis par les empereurs pour leurs compétences intellectuelles sont placés à la tête de la cité. Leidrade et Agobard, Amalaire puis Amolon assurent le rayonnement durable de Lyon par l'excellence des écoles qu'ils fondent et qui attirent des clercs de l'Europe entière, ainsi que par la profusion des manuscrits qu'ils réunissent dans la bibliothèque cathédrale. L'intense activité culturelle lyonnaise du IXe siècle n'est pas corsetée par le soutien politique initial des Carolingiens. Au contraire, les clercs proposent des politiques alternatives au gouvernement des princes francs ; ils appellent à la création d'une Europe unifiée par le respect d'une loi unique et la renaissance d'un empire chrétien universel… Des propositions qui tiennent de l'idéalisme et du fondamentalisme biblique, et qui ne seront jamais suivies d'effet.

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Y. Le Bohec, Lucullus, général et gastronome

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Yann Le Bohec, Lucullus, général et gastronome, Paris, 2019.

Éditeur : Tallandier
304 pages
ISBN : 9791021031524
19,90 €


« Ce soir, Lucullus dîne chez Lucullus » : cette citation est très connue. Et, pour cette raison, ce personnage est devenu l'exemple du parfait gastronome. D'ailleurs, son nom a été donné à des mets, à des restaurants, et même – on frémit de le rapporter – à de la nourriture industrielle.
Pourtant, celui que cache cette célébrité, à vrai dire méritée, reste un inconnu. Les historiens, à tort peu intéressés par ses talents trop multiples, ne l'ont pas étudié, si ce n'est dans des ouvrages de pure érudition et dans des publications anciennes.

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E. Bispham et D. Miano (éd.), Gods and Goddesses in Ancient Italy

Edward Bispham et Daniele Miano (éd.), Gods and Goddesses in Ancient Italy, Londres-New York, 2019.

Éditeur : Routledge
164 pages
ISBN : 9781138697553
120 £

This collection explores the multifaceted nature of the gods and goddesses worshipped in ancient Italy. It examines Italic, Etruscan, and Latin deities in context and in the material remains, and also in the Greco-Roman written record and later scholarship which drew on these texts.
Many deities were worshipped in ancient Italy by different individuals and communities, using different languages, at different sanctuaries, and for very different reasons. This multiplicity creates challenges for modern historians of antiquity at different levels. How do we cope with it? Can we reduce it to the conceptual unity necessary to provide a meaningful historical interpretation? To what extent can deities named in different languages be considered the equivalent of one another (e.g. Artemis and Diana)? How can we interpret the visual representations of deities that are not accompanied by written text? Can we reconstruct what these deities meant to their local worshippers although the overwhelming majority of our sources were written by Romans and Greeks? The contributors of this book, a group of ten scholars from the UK, Italy, France, and Poland, offer different perspectives on these problems, each concentrating on a particular god or goddess.
Gods and Goddesses in Ancient Italy offers an invaluable resource for anyone working on ancient Roman and Italian religion.

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